Goriz (fr.) – “la partie la plus importante d’un objet, d’un mouvement ou d’un groupe qui forme la base de son activité et de son développement”

Par son initiative GORIZ, l’UGAB Europe recherche les nouveaux « talents » et leaders des différentes communautés d’Europe, afin de les former, conseiller et mettre en réseau, pour les accompagner dans leurs projets arméniens en Europe ou en Arménie ou pour favoriser leurs actions, qu’ils soient chercheurs, intellectuels ou professionnels.

On peut se demander pourquoi. C’est d’ailleurs la première question que je me suis posée. La communauté arménienne en Europe est une communauté courageuse et solidaire qui a réussi à s’intégrer auprès des pays qui l’ont accueillie. Les nouvelles générations, elles, dans la mouvance de ce qui se passe dans le monde entier, sont prises dans la globalisation de nos échanges et perdent, parfois, un peu de leur identité pour des combats qui ne sont pas toujours les leurs.

Le projet GORIZ est un moyen de réunir ces nouveaux experts, ces jeunes arméniens, et de leur donner la possibilité d’apprendre à se connaître et s’apprécier afin de mener à bien des projets communs à destination de la communauté arménienne, mais également et peut-être surtout de l’Arménie. Ce n’est qu’à travers une nouvelle génération sensible à ces questions que la relève sera assurée.

Depuis 2009, deux réunions ont déjà eu lieu à Venise et à Erevan, organisées à chaque reprise par l’UGAB et parrainées par son Président de la zone Europe, M. Alexis Govciyan. Cette fois-ci, il s’agit de Bruxelles du 3 au 6 décembre 2011. 13 participants de 7 pays (Arménie, Bulgarie, France, Grèce, Roumanie, Ukraine, Allemagne) se sont réunis dans le seul objectif de combiner leurs efforts. Au-delà des projets étudiés, d’ordre économique, culturel et éducatif, c’est bien l’idée de mettre en contact cette nouvelle génération qui s’impose. Mise en contact afin que ses représentants puissent se soutenir mais également afin de savoir qu’il y aura toujours un collègue arménien prêt à les accueillir chaque fois qu’ils se déplaceront au sein de l’Europe.

Des experts conviés pour l’échange d’expériences et de méthodologies
Plusieurs intervenants reconnus dans le monde des affaires ont partagé leur expérience dans le cadre d’une réunion, qui a souvent pris l’aspect d’une formation spécialisée sur de nombreux égards. A ce titre, M. Valéry Safarian, président de la chambre de commerce Belgo-arménienne de Belgique a longuement expliqué comment cette institution, désormais largement reconnue, a été mise en place et comment il a réussi à la pérenniser.

Une réunion technique au sein du Parlement Européen a également présenté les différents mécanismes de financement dans le cadre des enveloppes budgétaires accordées par l’Union Européenne pour des projets à destination culturelle mais également politique, lorsqu’il s’agit de la question des droits de l’homme ou de la lutte contre la corruption- deux thèmes longuement abordés durant ce séminaire.

Aussi, deux jeunes responsables, anciens participants aux séminaires de l’UGAB, Aurélie Deyirmendjian, Présidente de YP Paris (réseau de jeunes professionnels arméniens de l’UGAB) et Gor Abgaryan, fondateur d’AGBU-ACAB (Espagne) et membre du Conseil d’Administration UGAB Europe, sont revenus sur leur rôle moteur dans la communauté et ont donné des conseils aux participants pour être efficaces dans leurs actions.

Un apprentissage de la culture arménienne
Plusieurs visites guidées ont été organisées en marge de cette réunion afin de familiariser le groupe sur la culture arménienne au sein de la Diaspora : d’abord à travers la découverte de la Villa Empain, un des fleurons du patrimoine architectural de Bruxelles, qui est devenu un centre d’art et de dialogue entre l’Orient et l’Occident, ainsi que le siège de la fondation familiale arménienne, la Fondation Boghossian.

Puis surtout, lors de la participation à l’exposition inaugurale du programme Armeniaca qui a marqué une étape dans l’étude et la documentation du patrimoine monumental arménien. Armeniaca englobe le patrimoine monumental arménien, religieux et civil, quelle que soit sa localisation en Arménie, en Iran, en Turquie, ou ailleurs dans le monde. Il réunit dans une banque de données commune les plus importantes ressources dont on dispose en particulier en termes de ressources photographiques, de relevés de plans architecturaux, de localisation, d’inscription et plus généralement de bibliographies.

Ces quelques jours passés entourés de jeunes de la Diaspora ont certainement provoqué une prise de conscience. La prise de conscience qu’il est possible de faire beaucoup en joignant ses efforts et en partageant ses responsabilités. L’éclatement de nos talents, éparpillés aux quatre coins de l’Europe pourrait s’apparenter à une faiblesse. C’est en réalité la force de notre communauté.

L’initiative GORIZ, elle, sert d’élément déclencheur. Il s’agit bien évidemment d’une action à long terme. Sa pérennité reste à notre portée, c’est pour cela qu’il faut continuer à la soutenir pour que ce rôle de facilitation puisse perdurer dans le temps et lui laisser la possibilité de porter ses fruits. C’est bien à cela que Goriz nous renvoie.

Arnaud Tasciyan

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